Histoire de corps

Mai 16, 2019

PROPOS RECUEILLIS PAR GABRIELLE LISA COLLARD

« J’ai tout juste 20 ans et je suis fière de dire que j’aime et que j’accepte mon corps depuis un peu plus d’un an. 

Je me souviens que dès l’enfance, jusqu’à mon entrée dans le monde adulte, j’ai été déçue par mon corps. J’ai toujours été légèrement en surpoids, mais vraiment pas tant que ça. J’ai toujours été complexée par mes poils. J’ai toujours détesté mon ventre et tous les endroits un peu mous sur mon corps.

Ma libération de ce mal-être a commencé petit à petit. Le déclencheur fut mon introduction aux mouvements féministes et body positive. J’ai commencé à me raser moins souvent quand ce n’était pas l’été: les jambes, les aisselles, le pubis. Juste cette petite étape-là, aussi insignifiante qu’elle puisse paraître, m’a tellement fait du bien! C’est comme si je commençais à être capable d’envoyer chier toute cette culture qui m’imposait des normes qui ne me rendaient pas bien avec moi-même. Puis, j’ai commencé à laisser de côté le soutien-gorge, jusqu’à presque plus n’en porter. Je me rasais moins pendant l’été et j’exhibais fièrement des jambes poilues en portant des robes cutes.

Malgré cette libération du poil et des seins, il me restait un grand inconfort à apprivoiser: la petite couche de gras qui recouvrait tout mon corps. Ce bout-là a été pas mal plus long. J’ai introduit le sport et les aliments moins transformés dans ma vie. Mon but n’était pas de perdre du poids, mais d’être en meilleure santé et de me sentir mieux. Tranquillement, j’ai apprivoisé mon corps. J’étais capable de porter des vêtements un peu plus serrés et d’aller à la plage avec des ami(e)s sans ressentir le besoin couvrir mon ventre. Et un peu plus tard, je suis devenue vegan et plus active sexuellement. Me découvrir sexuellement, je crois que c’est l’étape qui m’a le plus aidée à m’aimer. 

J’ai de la difficulté à comprendre entièrement ce qui s’est passé, mais j’attribue cela à la croissance personnelle. Maintenant, quand je me regarde nue dans le miroir, je vois mon p’tit bedon, pis je l’aime. Quand je suis assise, je vois mon petit bourrelet de bas de ventre et je ne ressens pas le besoin de le cacher. Quand je suis nue devant quelqu’un, je suis fière de montrer mon corps.

Je suis tellement contente de me sentir mieux avec moi-même. Je m’aime. Je suis belle. Même que je suis très belle. Certaines journées sont plus difficiles que d’autres, mais en général, je peux dire que je m’aime quand même beaucoup. »

Catherine, 20 ans

 

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